2014/03/01

Le bâton de rouge

                        
Marilyn Monroe dans Comment épouser un millionaire


Combien de kilos de rouge à lèvres ai-je avalé dans ma vie ? Cet objet puissamment chimique et féminin a envahi mon sac en dizaine d'exemplaires et couleurs.

Petite histoire du bâton de lèvres :
Les premiers rouges à lèvres se fabriquaient dès l'Antiquité à partir de cire d'abeille, mélangée à des pierres précieuses broyées, des huiles, des extraits de plantes. On écrasait aussi des insectes carmin et des fruits rouges.

Le rouge à lèvres moderne arrive vers 1870, inspiré par des cierges colorés.
Aujourd'hui, il est fabriqué à partir d'une base blanche de cire et d'huile. Les pigments sont ajoutés à la fin en les mélangeant ensemble pour obtenir la teinte souhaitée. 

                                   
Madhabi Mukherjee dans La grande cité


Je me souviens d'une nouvelle dont j'ai oublié les références. Une femme achète un rouge à lèvres, premier instrument de maquillage de sa vie, poussée par une impulsion après une déception sentimentale. Il file droit dans son sac. Elle se questionne sur sa vie, et décide finalement de le jeter sans l'avoir essayé à la fin de l'histoire. Je crois que cette nouvelle insistait sur la puissante féminité, pouvoir d'attraction, que représentait ce minuscule objet. Ou comment il est en mesure de changer la vision qu'ont d'elle-même certaines femmes.

                                           
Björk dans Possibly Maybe


Pour certaines filles, se présenter avec ou sans maquillage en présence de son compagnon est une question primordiale. J'en ai connu qui ne pouvaient pas vivre sans, d'autres qui avaient des habitudes précises, comme des T.O.C., par exemple ne pas être maquillée dans les moments intimes. Pauvres hommes qui doivent se retrouver barbouillés des pigments foncés et autres gloss collants et indécollables sans démaquillant de leur conjointe.

                                   
La fille qui me ressemble dans la glace


Bon je n'en suis pas au bâton noir, vert, ou bleu vu sur d'autres outsiders :) Je me contente de mon Pourpre Jazzy déjà assez excessif pour moi. J'adore les noms des rouges en général, je me demande qui a l'idée de les créer, si c'est un métier en soi :) Et bien d'autres questions, est-ce que par exemple un homme a gardé la mentalité du début du XXème siècle où on reconnaissait les prostituées au fait qu'elles mettaient du rouge à lèvres ? C'est peut-être un code intuitif : cette fille désire plaire et être embrassée car elle se peint les lèvres. Eh bien ce n'est pas ma visée, à dire vrai je considère le maquillage comme une palette de crayons de couleurs pour enfant : un jeu de se crayonner la figure, à défaut de savoir dessiner et réaliser ce que j'aimerais sur papier, se colorier le visage est simple et me met de bonne humeur.

Pour terminer, quelques photos de chics design de notre époque de folie. (On leur demande la lune, qu'à cela ne tienne, on va alunir de suite.)





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